QU’EST-CE QUI SÉPARE AUJOURD’HUI TANT D’ÊTRES HUMAINS DE LA LUMIÈRE ?

Telle une nuit profonde, les ténèbres de matière subtile recouvrent cette Terre. Et cela, depuis fort longtemps déjà ! Elles maintiennent la Terre si solidement enserrée dans une étreinte étouffante que toute intuition de Lumière venant à s’élever ressemble à une flamme qui, privée d’oxygène, faiblit, pâlit rapidement et finit par s’éteindre.

Effroyable est l’état dans lequel se trouve la matière subtile qui exerce actuellement ses pires effets. Celui à qui il serait donné de voir de tels événements, ne fût-ce que pendant quelques secondes, serait saisi d’une épouvante qui lui ravirait tout espoir de salut ! –

Et tout cela est arrivé par la faute des hommes, à cause de leur penchant pour ce qui est vil. En l’occurrence, l’humanité fut pour elle-même son plus grand ennemi. Or, même les rares personnes qui aspirent à nouveau sincèrement à s’élever courent encore le danger de se trouver elles aussi entraînées dans les profondeurs vers lesquelles d’autres se dirigent actuellement à une allure inquiétante.

Cela équivaut à une étreinte immanquablement suivie d’un mortel enlisement dans un marécage étouffant et visqueux où tout s’enfonce sans bruit. Ce n’est plus une lutte, c’est un étranglement silencieux, muet et sinistre.

Et l’être humain ne s’en rend pas compte. Sa paresse d’esprit le rend aveugle à ce funeste événement.

Cependant, ce marécage exhale sans cesse ses effluves méphitiques qui épuisent lentement ceux qui sont encore forts et vigilants afin qu’ils s’endorment eux aussi, à bout de forces, et sombrent à leur tour.

Voilà à quoi ressemble actuellement cette Terre. Ce n’est pas une image que je présente ici, mais bien quelque chose de vivant ! Étant donné que tout ce qui est de matière subtile revêt des formes créées et animées par les intuitions humaines, un processus tel que celui-ci se déroule effectivement de façon continue. Tel est l’environnement qui attend les êtres humains lorsqu’ils doivent quitter cette Terre sans pouvoir être guidés vers le haut, vers les régions plus lumineuses et plus belles.

Or, les ténèbres se condensent toujours davantage.

Voilà pourquoi l’heure approche où cette Terre doit être abandonnée pour un temps à la domination des ténèbres en étant privée de l’aide directe de la Lumière parce que, par son vouloir, l’humanité a tout fait pour en arriver là. Les conséquences du vouloir de la majeure partie de l’humanité devaient nécessairement aboutir à une telle issue. – C’est l’époque que Jean fut jadis autorisé à voir, et où Dieu se voile la face. –

La nuit règne alentour. Pourtant, dans la plus grande détresse, au moment où toutes choses, y compris les meilleures, menacent de sombrer, voici qu’apparaît l’aurore ! Mais l’aurore apporte d’abord les douleurs d’une grande épuration qui est inévitable avant que puisse commencer le sauvetage de tous les chercheurs sincères ; car il est impossible de tendre une main secourable à ceux qui aspirent à ce qui est vil ! Ils sombreront dans ces horribles profondeurs : c’est uniquement là qu’ils peuvent encore espérer se réveiller grâce aux tourments qui doivent nécessairement les amener au dégoût d’eux-mêmes.

Ceux qui, par leurs sarcasmes, ont pu jusqu’à présent, apparemment en toute impunité, mettre des obstacles sur la route de ceux qui s’efforcent de s’élever se tairont et deviendront songeurs jusqu’à ce que finalement, mendiant et gémissant, ils supplient pour trouver la Vérité.

Mais alors ce sera loin d’être facile pour eux, ils seront irrésistiblement conduits à travers les meules des lois d’airain de la Justice divine jusqu’à ce que, par l’expérience vécue, ils parviennent à reconnaître leurs erreurs. –

Au cours de mes voyages, j’ai pu remarquer que ma Parole faisait l’effet d’un brandon parmi les paresseux esprits humains, puisqu’elle explique qu’aucun être humain ne peut prétendre posséder quelque chose de divin alors que, précisément à l’heure actuelle, on se donne beaucoup de mal pour découvrir Dieu en soi et pour devenir finalement soi-même un Dieu !

Voilà pourquoi ma Parole a bien souvent éveillé l’inquiétude ; l’humanité veut se défendre contre elle en se cabrant parce qu’elle ne veut entendre que des paroles soporifiques et apaisantes qui lui paraissent agréables !

Ceux qui se cabrent ainsi ne sont que des lâches qui préfèrent se mentir à eux-mêmes, uniquement pour rester dans l’obscurité où l’on peut, au gré de ses propres désirs, s’adonner à de si belles et si douces rêveries.

Il n’est pas donné à tous de supporter d’être exposé à la Lumière de la Vérité qui montre de façon claire et impitoyable les défauts et les taches du vêtement.

Par leurs sourires, leurs railleries ou leur hostilité, ces gens veulent empêcher que vienne le jour qui fera apparaître clairement la fragilité de l’idole aux pieds d’argile qu’est leur « moi ». Ces insensés ne font que se jouer à eux-mêmes des mascarades dont le blafard mercredi des cendres sera l’inéluctable lendemain. Ils ne veulent en définitive que se déifier eux-mêmes par leurs fausses conceptions et, en agissant ainsi, ils se sentent bien sur le plan terrestre, et à leur aise. Ils considèrent d’emblée comme un ennemi quiconque vient troubler cette indolente tranquillité !

Mais, cette fois, toute révolte ne leur servira à rien !

La déification de soi-même, qui se manifeste dans l’affirmation qu’il y a en l’être humain quelque chose de divin, est une vile tentative de porter atteinte à la grandeur et à la pureté de votre Dieu ; vous profanez ainsi ce qu’il y a de plus sacré pour vous, ce vers quoi vous levez les yeux en une bienheureuse confiance ! –

Au plus profond de votre être s’élève un autel qui doit servir à la vénération de votre Dieu. Cet autel est votre faculté intuitive. Si elle est pure, elle est directement reliée au spirituel, et par là même au paradis ! Il est alors des instants où vous pouvez, vous aussi, ressentir pleinement la proximité de votre Dieu, comme cela se produit souvent dans la douleur la plus profonde ou dans la joie la plus intense !

Vous ressentez alors sa proximité de la même manière que la vivent constamment au paradis les esprits primordiaux éternels auxquels vous êtes étroitement reliés en de tels instants. La forte vibration due au bouleversement causé par une grande joie ou une profonde douleur refoule loin à l’arrière-plan, l’espace d’un instant, tout ce qui est bas et d’ordre terrestre. La pureté de l’intuition se trouve ainsi libérée et jette immédiatement un pont vers la pureté de même nature qui anime le paradis !

Tel est pour l’esprit humain le bonheur suprême. Les êtres éternels qui sont au paradis le vivent en permanence. Pareil bonheur donne la merveilleuse certitude d’être protégé. Ils sont alors pleinement conscients de la proximité de leur Dieu et de sa grandeur, ils se tiennent dans sa Force, tout en admettant comme une évidence qu’ils ont atteint leur niveau le plus élevé et qu’ils ne seront jamais capables de voir Dieu.

Toutefois, cela ne les accable pas ; au contraire, avoir reconnu son inaccessible grandeur les fait exulter de gratitude envers Dieu qui, de tout temps, a usé d’une indicible clémence à l’égard de la créature arrogante.

Et ce bonheur, l’être humain de la Terre peut déjà le goûter. Il est tout à fait exact de dire qu’à certains moments solennels, l’être humain de la Terre ressent la proximité de son Dieu. Mais vouloir prétendre, en partant du merveilleux pont qu’est la conscience de la proximité de Dieu, avoir personnellement en soi une étincelle de divinité est sacrilège.

La dépréciation de l’Amour divin va aussi de pair avec cette affirmation. Comment peut-on mesurer l’Amour de Dieu à l’échelle de l’amour humain ? Bien plus, comment peut-on aller jusqu’à le reléguer au-dessous de cet amour humain ? Considérez ceux pour qui l’Amour divin est l’idéal le plus élevé, un Amour immense qui supporterait tout en silence et de surcroît pardonnerait tout ! Ils veulent reconnaître ce qui est divin précisément dans le fait qu’Il tolère toutes les insolences de la part de créatures inférieures, semblable en cela au plus faible, au plus lâche des hommes, que l’on méprise pour cette raison. Réfléchissez donc au monstrueux outrage que cela implique !

Les hommes veulent pécher impunément pour procurer finalement à leur Dieu une joie supplémentaire en se faisant pardonner leurs fautes par lui sans avoir à les expier personnellement ! Pour admettre une chose pareille, il faut être soit démesurément borné et d’une paresse coupable, soit reconnaître que l’on est personnellement trop faible pour faire preuve du bon vouloir qui incite à s’élever. L’un est cependant aussi condamnable que l’autre.

Représentez-vous l’Amour divin : clair comme le cristal, rayonnant, pur et grand ! Pouvez-vous dès lors croire qu’il puisse être d’une faiblesse aussi doucereuse, d’une indulgence aussi dégradante que le souhaiteraient volontiers les humains ? Ils veulent ériger une fausse grandeur là où ils souhaitent la faiblesse, ils donnent une fausse image uniquement pour continuer à se duper eux-mêmes et pour se tranquilliser au sujet de leur propre imperfection qui les met si obligeamment au service des ténèbres.

Où sont dès lors la fraîcheur et la force qui font partie intégrante de la pureté cristalline de l’Amour divin ? L’Amour divin est inséparable de la Justice divine dans toute sa rigueur. Bien plus, il est la Justice même. La Justice est Amour, et l’Amour ne repose à son tour que sur la Justice. C’est uniquement là que réside aussi le pardon divin.

Les Églises ont raison de dire que Dieu pardonne tout ! Et qu’Il pardonne réellement ! Contrairement à l’être humain qui considère comme à jamais indigne même celui qui a expié quelque petite faute. Avec des pensées de cette nature, il se charge d’une double culpabilité parce qu’il n’agit pas selon la Volonté de Dieu. Ici, c’est la justice qui manque à l’amour humain.

Les effets de la Volonté créatrice de Dieu purifient chaque esprit humain de sa faute, que ce soit par des expériences vécues personnellement ou par un amendement volontaire, dès qu’il cherche à s’élever.

Lorsqu’il retourne sur le plan spirituel après être passé par les meules de la matière, il se retrouve pur dans le royaume de son Créateur, peu importe ce qu’il a pu commettre jadis ! Il est tout aussi pur que celui qui n’a encore jamais péché. Mais son chemin passe d’abord par les effets des lois divines, et c’est dans ce fait précis que repose la garantie du pardon divin, de sa grâce !

N’entend-on pas souvent de nos jours cette question angoissée : Comment de telles années de misère peuvent-elles être compatibles avec la Volonté de Dieu ? Où se trouve ici l’Amour, où est la Justice ? L’humanité se pose la question, les nations s’interrogent, les familles elles-mêmes, et jusqu’à l’individu ! Cela ne devrait-il pas plutôt être la preuve que l’Amour de Dieu est donc différent de ce que tant d’êtres humains aimeraient croire ? Essayez donc pour une fois de vous représenter jusqu’au bout ce que serait l’Amour divin qui pardonnerait tout, comme on cherche désespérément à le présenter, un Amour n’exigeant pas d’expiation personnelle, tolérant tout, et allant de surcroît jusqu’à pardonner avec magnanimité ! Le résultat serait pitoyable ! L’être humain se croit-il si précieux que son Dieu doive en souffrir ? Serait-il donc encore plus précieux que Dieu ? Que ne trouve-t-on dans pareille prétention de la part des hommes ! –

En y réfléchissant calmement, vous butez nécessairement sur d’innombrables obstacles et vous ne pouvez alors parvenir à une solution qu’en rabaissant Dieu et en Le rendant imparfait.

Or Il était, Il est, et Il demeure parfait, quelle que soit l’attitude des hommes à cet égard.

Son pardon repose sur la Justice. Il ne saurait en être autrement. Et c’est uniquement sur cette Justice immuable que repose aussi l’Amour, un Amour immense et si méconnu jusqu’à ce jour !

Perdez l’habitude de mesurer ces choses selon les normes terrestres ! La Justice de Dieu et l’Amour de Dieu s’adressent à l’esprit humain. La matière n’entre absolument pas ici en ligne de compte. En fait, elle n’est formée que par l’esprit humain lui-même, et sans l’esprit elle n’a pas de vie.

À quoi bon vous tourmenter si souvent pour des bagatelles purement terrestres que vous ressentez comme des fautes alors qu’elles n’en sont absolument pas !

Seul ce que l’esprit veut lors d’un acte est décisif pour les lois divines dans la Création. Mais cette volonté spirituelle n’est pas l’activité mentale, c’est l’intuition la plus intime, le vouloir proprement dit de l’être humain, et c’est uniquement ce vouloir qui peut mettre en mouvement les lois de l’au-delà, ce qu’il fait d’ailleurs autoactivement.

L’Amour divin ne se laisse pas rabaisser par les êtres humains ; car, au sein de la Création, c’est en lui que reposent les lois d’airain de sa Volonté qui est portée par l’Amour. Et ces lois se manifestent selon la façon dont l’être humain se comporte. Elles peuvent le relier jusqu’à la proximité de son Dieu ou former une cloison qui ne pourra jamais être abattue, à moins que l’être humain ne finisse par s’adapter, ce qui revient à obéir : cela seul lui permet de trouver le salut et le bonheur.

D’une seule coulée, l’œuvre grandiose ne présente aucun défaut, aucune faille. Chaque sot, chaque insensé qui veut qu’il en soit autrement, s’y brisera. –

L’Amour divin agit uniquement en fonction de ce qui est utile à chaque esprit humain et non selon ce qui lui fait plaisir sur Terre et lui semble agréable. Cet Amour va beaucoup plus loin parce qu’il régit l’existence entière. –

De nos jours, bien des gens pensent très souvent que s’il faut s’attendre à des calamités et à la destruction pour entraîner une grande épuration, Dieu doit être assez juste pour envoyer auparavant des prédicateurs qui incitent à la pénitence. Il faut bien que l’être humain soit averti au préalable. Où est Jean pour annoncer ce qui doit venir ?

Les malheureux ! Ils se veulent grands, alors qu’ils manquent totalement de réflexion. Seule une prétention qui vient d’un très grand vide intérieur se cache derrière semblables exclamations. Ils le fustigeraient bel et bien, et le jetteraient au cachot !

Ouvrez donc les yeux et les oreilles ! Mais c’est en dansant que l’on passe à la légère sur toutes les misères et les angoisses de son prochain ! On ne veut ni voir ni entendre ! –

Il y a deux mille ans déjà, un prédicateur est venu pour inciter à la pénitence ; la Parole incarnée le suivit de très près. Mais ensuite les hommes se sont efforcés d’effacer avec zèle le pur éclat de la Parole et de l’obscurcir pour éteindre progressivement la force d’attraction de son rayonnement. –

Et tous ceux qui veulent dégager la Parole de ce qui peu à peu l’étouffe constateront bien vite à quel point les suppôts des ténèbres s’efforcent désespérément d’empêcher tout joyeux réveil !

Mais rien de ce qui se passa du temps du Christ ne se renouvelle aujourd’hui ! À cette époque vint la Parole ! L’humanité avait son libre arbitre et, dans sa grande majorité, elle décida de la refuser et de la rejeter ! Elle fut dès lors assujettie aux effets des lois qui s’enchaînèrent autoactivement suite à la libre décision prise en ce temps-là. Par la suite, les êtres humains trouvèrent tous les fruits de leur propre vouloir sur le chemin qu’ils avaient eux-mêmes choisi.

Or, le cycle va bientôt se fermer. Tout s’amoncelle de plus en plus, tout s’accumule, tel un mur qui ne tardera pas à s’effondrer sur l’humanité qui, sans se douter de rien, végète dans sa léthargie spirituelle. À la fin, à l’heure de l’accomplissement, elle ne disposera évidemment plus du libre choix !

Il lui faut désormais récolter ce qu’elle a semé en ce temps-là et lors de ses égarements ultérieurs.

Aujourd’hui, pour le règlement des comptes, tous ceux qui ont jadis, au temps du Christ, rejeté la Parole sont de nouveau incarnés sur cette Terre. Ils n’ont plus droit aujourd’hui à un avertissement préalable, ni à une nouvelle décision. En deux mille ans, ils ont disposé de suffisamment de temps pour se raviser ! De plus, celui qui adopte des interprétations erronées se rapportant à Dieu et à sa Création sans se donner la peine de les saisir de façon plus pure, celui-là ne les a nullement saisies. C’est même beaucoup plus grave, étant donné qu’une croyance erronée empêche de saisir la Vérité.

Mais malheur à celui qui falsifie ou altère la Vérité pour gagner les foules parce que des formes plus commodes sont aussi plus agréables aux humains ! Non seulement il se charge en étant coupable de falsification et de tromperie, mais il est de surcroît entièrement responsable de les avoir attirées à lui en leur rendant les choses plus commodes ou plus accessibles. Il ne recevra pas d’aide lorsque sonnera pour lui l’heure de la sanction. Il sombrera dans des profondeurs d’où il ne pourra jamais ressortir, et ce sera justice ! – Cela aussi, Jean fut autorisé à le voir et à en avertir l’humanité dans son Apocalypse.

Et lorsque commencera la grande épuration, l’être humain n’aura cette fois plus le temps de se révolter ou même de s’opposer aux événements. Les lois divines, dont il se fait si volontiers une fausse image, s’accompliront alors inexorablement.

C’est précisément au cours des temps les plus effroyables que la Terre ait jamais connus que l’humanité apprendra enfin que l’Amour de Dieu est très éloigné de la mollesse et de la faiblesse qu’on a eu l’audace de lui prêter.

Plus de la moitié des êtres humains de l’époque actuelle n’appartiennent absolument pas à cette Terre !

Depuis des millénaires, cette humanité est déjà tombée si bas et elle vit tellement dans les ténèbres qu’elle a jeté par son vouloir impur de nombreux ponts vers des régions obscures situées bien au-dessous du plan terrestre. C’est là que vivent des êtres profondément déchus qui, à cause du poids de leur corps de matière subtile, n’auraient jamais eu la possibilité de s’élever jusqu’au plan terrestre.

Il y avait là une protection, aussi bien pour tous ceux qui vivent sur Terre que pour ces êtres ténébreux eux-mêmes. Ils sont séparés des habitants de la Terre par la loi naturelle de la pesanteur de la matière subtile. Dans ces régions inférieures, ils peuvent donner libre cours à leurs passions et à toutes sortes de bassesses sans causer de dommages. Au contraire ! En vivant leur vie sans frein, ils n’atteignent sur ces plans que ceux qui sont du même genre qu’eux, tout comme les atteint eux aussi la façon de vivre de ces derniers. Ils se font ainsi mutuellement souffrir, ce qui les amène à mûrir sans toutefois les charger d’une faute supplémentaire. En effet, la souffrance peut un jour éveiller le dégoût de soi-même, et avec ce dégoût s’éveille aussi le désir de sortir de ces régions. Avec le temps, pareil désir conduit à un cruel désespoir pouvant finalement faire naître les plus ferventes prières et par là même le ferme vouloir de s’amender.

Voilà comment les choses devraient se passer. Mais, à cause du vouloir erroné des êtres humains, il en advint différemment !

À cause de leur vouloir ténébreux, les êtres humains jetèrent un pont vers la région des ténèbres. Ils tendirent ainsi la main à ceux qui y vivent et, par la force d’attraction des affinités, ils leur offrirent la possibilité de s’élever jusqu’à la Terre. Évidemment, c’est là que ces êtres ténébreux trouvèrent aussi l’occasion d’une nouvelle incarnation qui, selon le cours normal des événements, n’était pas encore prévue pour eux.

En effet, sur le plan terrestre où, par l’intermédiaire de la matière dense, ils peuvent vivre avec des êtres plus lumineux et meilleurs, ils ne causent que des préjudices et se chargent ainsi de nouvelles fautes, ce qu’ils ne peuvent faire dans leurs bas-fonds où la bassesse n’apporte que des avantages à ceux dont le genre est identique au leur parce qu’ils finiront bien par se reconnaître en elle et par apprendre à en éprouver du dégoût, ce qui contribue à leur amendement.

Or, l’être humain a perturbé le cours normal de toute évolution en utilisant son libre arbitre de façon vile pour jeter des ponts de matière subtile vers la région des ténèbres. En conséquence, ceux qui avaient sombré dans ces ténèbres ont pu, telle une meute, être lâchés sur le plan terrestre ; ravis, ils en peuplent aujourd’hui la majeure partie.

Étant donné que les âmes lumineuses doivent reculer devant les ténèbres, là où ces dernières ont pris pied, il était facile aux âmes plus sombres, une fois arrivées indûment sur le plan terrestre, de parvenir parfois à s’incarner là où seule une âme lumineuse aurait normalement eu accès. Grâce à une personne quelconque de l’entourage de la future mère, l’âme sombre a pu trouver un point d’appui qui lui a permis de s’imposer et de supplanter l’âme lumineuse, même si la mère ou le père font partie des êtres plus lumineux.

Voilà qui explique que plus d’une brebis galeuse ait pu venir chez de bons parents, ce qui était jusqu’alors une énigme. Cependant, si une future mère fait davantage attention à elle et à son entourage immédiat, ainsi qu’à ses fréquentations, cela ne peut pas se produire.

Il ne faut donc voir que de l’amour dans le fait que la répercussion ultime des lois balaie enfin du plan terrestre, en toute justice, ceux qui n’y ont pas leur place, afin qu’ils sombrent dans le royaume des ténèbres auquel ils appartiennent conformément à leur genre. Ils ne peuvent alors plus entraver l’ascension des êtres plus lumineux ni se charger eux-mêmes de nouvelles fautes. Au contraire, ils parviendront peut-être néanmoins à mûrir dans le dégoût de leurs propres expériences vécues. – –

Il va de soi que viendra le temps où le cœur de tous les êtres humains sera saisi par une poigne d’airain et où l’orgueil spirituel sera extirpé de chaque créature humaine avec une effroyable inexorabilité. Alors disparaîtront aussi tous les doutes qui empêchent à présent l’esprit humain de reconnaître que ce qui est divin n’est pas en lui, mais bien au-dessus de lui et ne peut avoir sa place sur l’autel de sa vie intérieure qu’en tant qu’image, une image on ne peut plus pure vers laquelle il lève les yeux en une humble prière. –

Lorsqu’un esprit humain va jusqu’à prétendre être lui-même divin, il ne commet pas une erreur, il se rend coupable d’une faute. Pareille présomption doit entraîner sa chute, car elle équivaut à une tentative d’arracher le sceptre de la main de son Dieu et de le ravaler au même niveau que celui de l’être humain, un niveau auquel ce dernier n’a même pas encore pu accéder jusqu’à ce jour parce qu’il a voulu être davantage et qu’il lève les yeux vers des hauteurs qu’il ne pourra pourtant jamais atteindre ni même percevoir. Il a ainsi négligé inconsidérément toute réalité et, non seulement il s’est lui-même rendu totalement inutile dans la Création mais, ce qui est bien pire, il y est devenu un être franchement nuisible !

À la fin, par suite de la fausse orientation qui est la sienne, il lui sera montré avec une inquiétante clarté que, dans son état actuel de profonde déchéance, il ne représente même pas l’ombre d’une divinité. Tous les trésors du savoir terrestre, qu’il a amassés à grand-peine au cours des millénaires, se révéleront inexistants devant ses yeux épouvantés ; impuissant, il fera sur sa propre personne l’expérience que les fruits de son aspiration terrestre unilatérale sont inutiles et qu’ils deviennent même parfois une malédiction pour lui. Qu’il fasse donc appel à sa propre divinité, s’il le peut ! – –

Impérieuse, une voix tonnante lui criera : « À genoux, créature, devant ton Dieu et Seigneur ! N’essaie pas de commettre le sacrilège de t’élever toi-même au rang de Dieu ! » – –

L’individualisme du paresseux esprit humain s’arrêtera là. –

Alors seulement, cette humanité pourra songer à une ascension. Ce sera aussi l’époque où s’écroulera tout ce qui ne repose pas sur une base juste. Ceux dont l’existence n’est que faux-semblants, de même que les faux prophètes et les associations qui se regroupent autour d’eux, s’effondreront ! C’est ainsi que se révéleront également les fausses voies suivies jusqu’à présent.

Alors, selon toute vraisemblance, plus d’un être satisfait de lui-même reconnaîtra avec épouvante qu’il se trouve au bord d’un abîme et que, mal dirigé, il glisse rapidement vers le bas tandis que, dans son orgueil, il s’imaginait s’élever et se rapprocher déjà de la Lumière ! Il reconnaîtra aussi qu’il a ouvert des barrières protectrices sans disposer derrière elles de toute la force qui lui serait nécessaire pour se défendre, et qu’il a attiré sur lui des dangers qu’il aurait pu éviter si les choses avaient suivi leur cours naturel. Heureux celui qui, alors, trouvera le bon chemin, le chemin du retour !